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samedi 7 mars 2015

INDIAN'S STORIES

Chez Inge nous rencontrons Savinatah.
Savinatah est une jeune femme de 28 ans qui vit seule et travaille à Anjuna chez les étrangers. C'est une jolie jeune femme qui s'exprime dans un très bon anglais.

Savinatah a été "esclave" dans les émirats arabes, 8 années.

Elle me raconte qu'elle dormait au sous sol avec d'autres filles. 24h/24h, 7 jours sur 7 aux ordres de "Madame", et payée une misère. Comme elle ne dépensait rien, tout allait à sa famille.
Mais ça c'est bien passé pour elle, contrairement à d'autres, me dit-elle.

Le mari de "Madame" a bien tenté de la serrer dans un coin mais il n'a pas été plus loin lorsqu'elle l'a repoussé. Très vite Savinatah s'occupe des enfants (en plus de l'entretien de la maison).
Le dernier a un an déjà lorsqu'elle décide de rentrer en Inde. Sa famille prend très mal cette décision, elle n'est pas la bienvenue dans la maison qui s'est chichement transformée grâce à elle.
Et la maîtresse de maison d'Abu Dhabi ne cesse de l'appeler pour la demander en renfort quant à l'éducation du dernier. 
Il s'est attaché à elle le gamin, il ne dort plus, s'agite et pleure sans cesse. Personne n'arrive à remplacer Savinatah auprès de lui.

Savinatah ne veut surtout pas y retourner, mais ses parents espèrent  bien son départ, l'ambiance est au conflit. Elle négocie fermement un an avec sa patronne, et avec, en sus, le paiement des allers et retours Inde Abu Dhabi, sorte de vacances qu'elle compte s'octroyer. Arrivée là bas le deal ne tient plus, pas de billets retour payé; il faudra qu'elle travaille pour se le payer.
Retour à la cave, aux 7/7 24/24....

Elle y restera jusqu'aux 3 ans de l'enfant, histoire de revenir en Inde avec un peu d'argent pour ne pas dépendre de sa famille.
Terminé les Emirats Arabes pour Savinatah elle est pas prête à y foutre les pieds à nouveau... 

Je me souviens de notre escale à Abu Dhabi et des indiens et philippins que nous avons vu débarquer en masse, courbés par avance, les yeux éteints, au milieu des touristes en short , des locaux en robe blanche bien gras. Un ange passe..

"Emmenez moi au bout de la terre, emmenez moi aux pays des merveilles, il me semble que la misère serait moins pénible au soleil"

Ca me rappelle d'autres histoires d'esclavages modernes, des histoires des filles d'Issan, une région du Nord Est de la thailande ,très pauvre.

La majorité des prostituées thai sont de l'ISAN (prononcer Issane).
C'est une région où les filles ainées se "sacrifient" pour faire vivre toute la famille. C'est normal qu'un enfant se sacrifie pour le bien être des autres membres de la famille, c'est leur retraite ces enfants.... Ce serait comme un jeu "qui a la plus belle pute comme fille?" c'est celle évidemment qui a le plus grand écran TV, la plus grosse voiture...

Mais attention si il leur arrive un accident et qu'elles doivent revenir plus tôt dans la famille, mauvais accueil garanti!

Ainsi dans un autre lieu Pong me racontait son histoire. A l'âge de 16 ans elle est tombée enceinte, mauvais choix, son mari était violent buveur, drogué (le Yabba, forte amphétamine, fait des ravages en thailande).
Je ne sais plus comment elle a été obligé de retourner dans sa famille avec son bébé sous le bras, mais elle est vite repartie vers Bangkok, sans bébé.
Elle a travaillé 20 ans durant dans les bars des Mama San (la mama San est la madame Claude des bordels locaux que sont les bars à filles. Elle prélève un pourcentage sur les clients, et protège ses filles. Les filles sont libres de changer de Mama San)..
Son dernier "mari" avait 75 ans quand il est mort d'une cirrhose. Elle en avait 40, était fatiguée, ne voulait plus retourner au turbin.
Elle est donc retournée dans sa famille qu'elle avait grassement nourrie ces dernières années. L'accueil fut glacial...ce n'était plus le retour de la fille prodigue comme lorsqu'elle y passait de temps à autre, mais la honte de la fille de mauvaise vie de retour chez elle..

Même sa fille ne voulait plus lui parler, m'avouait t-elle les larmes aux yeux . En attendant la dite fille ne travaillait pas, et élevait son enfant grâce à sa mère.

Elle est donc repartie "travailler", a rencontré fort heureusement un français de 70 ans, fort gentil, qui lui a acheté une maison à elle (et non à sa famille),la mettant définitivement à l'abri des aléas. L'accueil est devenu à nouveau extrêmement chaleureux.
Famille et voisins se pressent chez elle pour visiter la maison qu'ils ont fait construire.
"I forgive but don't forget"

"On oublie tout sous le soleil de Mexico..."






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